Charles Bösersach

2004.09






Ce monde ridicule.

Publicité : Chinatown (restaurant), buffet à volonté, au 14ème feu à droite.

Pas concupiscent, non. Juste : serviable.

En chemisier couleur chair, elle promenait son chien. On l'aurait cru torse nu.

Tout ce qui, adulte, deviendra disgracieux : charme des adolescentes.

S'organiser : prévoir à quelle heure on aura désoûlé.

Brûler un feu.

A cause de toi : ramasser un élastique par terre, dans la rue.

Tout me lasse (sauf ces filles à consommer tout de suite).

Mépris pour celui qui s'affiche au bras d'une femme laide.

Elle se plaint de son travail.

Levé 5h45. Lu. Mécontent. Beaucoup rêvé aussi : filles cheveux courts, souples, nues.

Elle lèche mon cahier, effaçant petit à petit, avec sa salive, tout ce que j'avais écrit. De temps en temps elle me lance un regard (tendre/insolent) et pointe un petit bout de langue — bleue.

Comme je n'aime pas ces filles à la peau très blanche qui rougissent au soleil. Même extrêmement bien faite, je ne peux pas : marchandise avariée — ou quelque chose à voir avec de la charcuterie industrielle.

Toute la journée gêné par cette odeur fétide (mes pieds).

Une belle fille peut tout se permettre. Même de grandes bottes roses.

« Démolition technique ».

Je lui raconte l'histoire de la coccinelle qui voulait devenir cosmonaute; celle du sale type qui finit paralysé et que sa femme habille en clown...

Fleurs, croissants, pain frais puis on s'engueule à propos d'un papier qui traîne. Le ton insupportable qu'elle a parfois.

Prendre le bus plutôt que le métro.

Dans la rue, hébétée, elle marche comme une somnambule. Elle porte de gros gants en caoutchouc jaune.

Certains jours lumineux : celle-ci, légère dans sa robe légère, et souriante malgré le froid, ses pieds nus dans ses chaussures légères. cette noire portant avec majesté des vêtements qui, sur une autre, sembleraient ridicules. Partout où l'oeil se pose : femmes. Sa queue de cheval et son air sage, trop sage, qui en dit long.

L'oeil glisse dans le décolleté, dans l'échancrure. L'oeil se perd et s'affole : on croit être le seul (petit pull rose tendre très moulant sur petits seins nus sous la laine, jeune fille mal réveillée qui se frotte les yeux; rousse vulgaire et somptueuse, une autre noire qui, rêveuse, se caresse les cheveux — tu es partout).

Arrogante, rongée de timidité, pétrifiée, exorbitée, encore plus désirable.