Charles Bösersach

2005.01






Nouvelle année, parfaite vacuité.

Il s'énerve au téléphone : «Je ne suis pas un chien, encore moins un animal; je suis l'élément principal de la famille et qui fait vivre tout monde... et ça, faut pas l'oublier, mon p'tit bonhomme ». Il porte un chapeau à large bords, et une écharpe rouge.

Je m'endors la queue basse, la main dans sa culotte.

Lente cohue du matin, l'impression de suivre son propre enterrement.

Tard couchés. Elle me br. avec subtilité tout en se frottant à ma cuisse. On s'embrasse délicatement.

Le matin, elle se plaint d'avoir sommeil. M'a br. encore, énergiquement.

Dans le demi-sommeil malaxer à pleines mains de la viande haché, crue. Cela a à voir avec l'érotisme — ou la paternité.

Hier soir, voyagé dans le coffre de la voiture de la grecque — histoire rocambolesque..

Quai du métro, cette jeune femme qui raconte en détail à son amie sa visite chez le gynécologue. Elle ne mange pas de fromage, pas de viande ni de charcuterie — de quoi se nourrit-elle?

Soir (métro), le bruit insistant, envahissant, presque insupportable, de tous ces journaux qu'on plie, déplie, replie.

Quelque chose à voir avec le vomi : être couché dedans, replié en position fœtale, bien.

L'impudeur et la naïveté.

Elle est en haut, elle appelle au secours — peut-être par jeu. Celà m'ennuie. Me dérange.

Une délicieuse petite souillon.

Belle jeune femme dans la rue. Elle parle toute seule. Au moment où je la croise elle marmonne : « les poils de la chatte ». Elle a l'air très contente.

Dans un ascenseur plein d'urine.

Délicieuse (parfois) promiscuité du métro : serré contre cette affolante petite noire tout de cuir vêtue.

Atrocement décolorée (cheveux jaunes), un blouson en skaï blanc très court, un jean tellement serré et des talons tellement hauts qu'elle peut à peine marcher, le visage déformé, laide, ridicule — elle pleure.

Qu'est-ce qui est arrivé à votre — bouche?

La petite vieille : elle était penchée sur le chien, qu'elle caressait, complimentant son poil. Puis ils sont repartis; elle ne s'est pas redressée.

Légère odeur de cadavre sur la ville.

La négresse blonde, sublime, somptueuse, dans le métro. Une reine.

J., embolie pulmonaire. Son père : « attaque cérébrale ». La vie n'est pas très rose, dit-elle.

Fillette raconte quelque chose à sa mère : « ... elle joue dans sa chambre... Elle a une chambre? ».

Neige, fatigue, un peu malade. Chaussettes trouées. A jeter. Avec un petit pincement au cœur.

Petite brune affriolante — mais gros mollets.

Dans le bus : froid aux fesses.

Cet homme jovial qui apostrophe tout le monde (mais personne ne lui répond).

Elle me lèche l'anus et me masturbe.

Ces petites brésiliennes qui se trémoussent comme des diablesses lubriques. L'une d'entre elles, très fine, a un cul formidable.

Elle est extrêmement belle. Jeune aussi, très jeune. Je la contemple à la dérobée; elle me regarde. Neige partout. Froid.

Cette jeune femme à côté de moi dans le bus, belle, sereine, apaisante. Quelque chose (lèvre supérieure) d'Isabelle Huppert mais — terriblement adulte.

Cette femme derrière moi, qui tousse : toujours le même son, les mêmes notes, le même rythme. Étrange.

Ils lisent le journal : s'occupent. À entendre comme on parle d'occuper un pays.

Plongé en qu'exquise, délicates et complexes considérations — et cette envie de péter...