Charles Bösersach

2005.02






Matin. Elle me br., s'interrompt, recommence, se love contre moi. Ne finit pas.

J. est hospitalisée. J'ai revu Aurélie dans un supermarché où elle effectue un remplacement. On se parle, on plaisante, on se séduit de nouveau. Assez facilement elle accepte de venir passer la soirée (la nuit) chez moi. À peine arrivés je la prends debout dans la cuisine. Du pied je repousse des vêtements sales. J'aime ses baisers nerveux, sa langue fine et véloce, ses petits seins et ses cheveux très courts. On rit. On est ivre.

La main aux fesses : j'adoube.

(De ces choses dont on pense — à tort — qu'on ne les oubliera jamais.)

Envie d'acheter un livre.

Cette épuisante véhémence que, pour ma part, je ne m'autorise qu'en état ébrieux.

Même sa façon de manger m'insupporte.

Quelle heure est-il?

Pas tenu de carnet de voyage : alangui. Les seuls émois furent illicites (en ce pays, semble-t-il, les femmes adultes sont vieilles déjà; quant aux fillettes, à gros seins et cambrées plus que de raison, elles vous lancent des regards pis que sales).

Se réveiller content en pensant aux comédons qu'on va presser.

Je lui narre une anecdote littéraire — elle m'interrompt bruyamment pour une question domestique. Délibérément, et avec une certaine jubilation méchante, je ne reprendrai pas le fil de ma narration.

Métro : presque insupportable odeur de crème de marrons (barbouillé du steak tartare de midi).

Une prostituée m'aborde, me propose de passer «un petit moment». J'objecte que c'eût été avec plaisir car elle est très séduisante — ce qui est vrai — mais que je suis victime d'une gastro-entérite qui me handicape assez. Dommage, fait-elle, une autre fois?

Ma mère me manque.