Charles Bösersach

2005.08






Des bijoux qui font mal.

Ce qu'elles perdent en grâce, elles le gagnent en vulgarité (en saleté).

Elle me suce en fredonnant «au clair de la lune» pendant que je lui caresse le dos. Cela dure longtemps.

Langue énorme.

Sangsues (sur la bouche, les yeux, les seins...).

Je m'endors dans sa bouche.

Je la pénètre assez rudement, sans retirer mon pouce de son cul.

Dans le bus cette fille aux gros seins qui ballottent joliment à chaque cahot.

Elle a tout pour plaire — sauf ce large bracelet-montre et ses tongues roses à paillettes.

J'ai passé un long moment — et usé de divers subterfuges — pour vérifier si elle portait un soutien-gorge ou non. Finalement non. Ce qui force le respect et augmente la concupiscence (le désir).

Une femme qui louche avec de gros seins mous.

La fille qui dormait par terre, à l'aéroport, en jupe courte et culotte étroite qui ne couvrait pas son sexe (cameltoe).

Dans le voyage, les impedimenta — finalement ce que je préfère.

Grande fille au bubble-gum.

Les seins de cette jeune fille dans le car, tentants, moulés dans le tee-shirt élastique. À peine un peu mous. Tentants (que je lorgnais sans vergogne, insensible au paysage prétendument magnifique).

Les filles d'ici (celles que je remarque) se déplacent court vêtues, en moto ou en scooter. Elles sont brunes, minces, osseuses, altières, presque revêches, très insolentes. Elles sont jeunes aussi (les autres...).

Le temps passant, l'ennui me gagne — mais ça n'est pas désagréable. Je m'attache aux détails, aux anecdotes minuscules (elles racontent toutes la même histoire : comme tout ceci est dérisoire, fugace, fragile, superficiel).

Cadavres roulés dans le vinyl.

De temps en temps la plage absorbe tout le monde, les gens, les enfants, les objets, les téléphones portables. C'est très bref : un repli — et il n'y a plus rien. Personne, dans le pays, ne s'en inquiète : il y a longtemps que les autochtones ne se baignent plus.

Le plaisir vénéneux de dire oui à tout — puisque tout est égal...

Cette jeune femme en maillot de bain une pièce en résille à larges mailles — qui m'a laissé rêveur des heures durant.

Sur la plage, j'ai vu des seins. des gros et des petits, des ronds et des pointus, des pâles et des bronzés — mais fort peu à mon goût, finalement.

Pin-ups et chevaux morts.

Les femmes qui se tiennent mal (habitude du scooter ou de la moto?) telle cette encore jeune femme sur le bateau, assise jambes écartées, sa fille sur ses genoux, en maillot de bain, les jambes encore plus ouvertes.

Le bateau s'est arrêté dans une crique magnifique et tout le monde s'est jeté à l'eau — même moi.

J'ai emporté un livre (Thomas de Quincey, Confessions d’un mangeur d’opium) que j'avais recouvert de papier kraft pour le protéger un peu. Plus tard, jetant un coup d'oeil distrait dans mon sac, je me demande qu'est-ce que c'est que ce bout de bois?

La musique, dans le bruit des moteurs, évoque un furieux quatuor (banjo, mandoline, bouzouki, balalaïka) où chaque interprète jouerait une partition différente.

Je méprise les gens qui s'ennuient.

La chienne du camping, femme superbe, hautaine et, ce qui ne gâchait rien, vêtue avec une rare vulgarité (pantalons de cuir moulant, tee-shirt à fermeture éclair plus qu'à demi ouverte entre les seins), longue chevelure aux mèches décolorées, lunettes de soleil en toutes circonstances, moue pulpeuse et dédaigneuse — et mon intérêt pour elle s'accrut encore lorsque je vis ses manières avec la serveuse du restaurant, la tenant par la hanche, glissant ses doigts dans la ceinture du pantalon, lui caressant longuement les fesses. Là, elle souriant enfin.

Jeunes collégiennes se régalant l'une l'autre.

C'est un vaste hangar en haut de la colline. Net, lumineux. Dans les rayons du soleil qui filtrent par le toit disjoint, la poussière, le son : de l'or. Et curieusement, une corde, comme un ring, ceinture tout l'intérieur du bâtiment, à hauteur de hanche. N'empêche : on m'a — volontairement, j'en suis sûr — dérouté : je demandais un hôtel, une auberge et — ça... Le soir tombe, je n'aurai pas le temps de redescendre. Tant pis, je dormirai dans la grange. Le soir tombe et des dizaines de marcheurs affluent vers le hangar. Ils sont fatigués, un peu hagards. Personne ne semble parler la même langue. Ils s'installent comme ils peuvent pour passer la nuit. Certains ont à manger, à boire. D'autres non. On ne partage pas et les regards s'évitent. Je m'endors, me réveille assez vite. Je sors, avec mon paquetage. On est mieux dehors. Je m'allonge un peu à l'écart, sur un rocher relativement plat. C'est, au petit matin, l'incendie de la gange qui me réveille. Mais curieusement : pas un cri. Chaque fois ils la reconstruisent, ne dis-je en m'éloignant comme un voleur.

Un week-end au bordel amer.

Dormi par terre à l'aéroport. Réveillé et jeté dehors par une succulente militaire.

Ils baisent dans la chambre à côté. Je me branle.

Femme en noir, mince, taille très fine, cul et seins (assez gros ma foi).

L'autre qui voulait aller aux toilettes avec son gros sac de voyage...

L'odeur indescriptible des chiottes sur la bateau qui nous amène au Pirée.

Premier au self-service du bateau! (spagettis)

Les filles. Les filles.

Elle est couchée sur le ventre. Je lui tripote les fesses et je me br. J'éjacule sur son dos.

Comme nous montons dans le train, elle me confie, avec une voix de petite fille jouant à la femme du monde : je me suis lubrifié l'anus.

Baise avec L., décrire (oublié).

Charognes.

Portrait-robot de l'invitée-surprise.

De loin les personnages se défont : chevelure, pieds, plus rien ne les rattache au corps, à cette silhouette, cette forme qui marche, ou qui semble marcher : des mouvements l'animent, mouvements réguliers, mécaniques. Chacune de ses parties a ses mouvements propres — mais l'ensemble se tient.

Il va mourir. Il me parle de son chien.

Et les idées que nous avions ressassées, il y a peu de temps : en allées, effacées. Il subsiste seulement ce filigrane, une très faible mélancolie.

Dans cette ville rêche.

C'est l'ART, la peinture qu'on étale, poids du corps sur les rails, petites supplications.

Le paysage (l'alentours) est d'une beauté ahurissante : collines vertes assurément, maisonnettes pimpantes, un p'tit nuage par-ci par-là, des haies, des bosquets avec une ombre irréprochable, oisillons qui gazouillent qui annoncent la mort — tout annonce la mort, cette mort triomphale pareille à une petite fanfare rutilante, horriblement enthousiaste et — atrocement discordante.

Il n'en a pas assez vendu. Ou vendu ce qu'il ne fallait pas. Il ne comprend rien, ne comprend jamais rien. Il est trop jeune, trop sûr de lui.

(Des heures pour rien.)