Charles Bösersach

2005.10






Jolie petite rousse avec un appareil dentaire.

Grève des bus : marche à pieds.

Cette maman furieuse : « Regarde ce que tu as fait ! tu t'es assis dans le caca ! ». L'enfant a l'air empoté. Je ne me sens pas plus dégourdi.

Avec le froid, carnet plus accessible : dans la poche intérieure du blouson au lieu du fond du sac.

Le genre de fille que l'on pourrait trouver jolie — si on était amoureux d'elle.

En route pour aller voir mon père à l'hôpital (la fin ?) j'ai dans la tête cette rengaine : « Hello, Dolly, oui c'est moi, Dolly »...

Voilà le beau scénario : on s'aperçoit peu à peu que des humains artificiels sont parmi nous. De plus en plus nombreux (ou de plus en plus visibles). Méfiance, hostilité. Ils sont aimables, efficaces, sont d'excellents amants et n'oublient jamais rien. En face : l'argument du chaos (la créativité !). Mais les « faux » sont artistes aussi. Clivages, haine, et luttes d'influence. Leur stratégie (si stratégie il y a) reste incompréhensible. Prendre le pouvoir ? Pour quoi faire ? Ils ne tuent pas — mais ils meurent. Chacun soupçonne son voisin, ses proches... Et cela dégénère : le monde part en quenouille. Chaque homme ou femme susceptible d'apporter quelque chose est soupçonné d'être un « faux ». Fin : on se rend compte que tous ces personnages, « faux » ou non, sont les caractères (comme character, en anglais) d'un vaste jeu de simulation.
Un enfant seul dans la chambre d'une petite maison sur une colline organise ce scénario depuis des années. (Lassé, il déclenche la fin.)

Dans la maison du mort : bruit du réfrigérateur, de la pendule, et gouttes d'eau tombant, à intervalles irréguliers, de la chaudière en panne. La nuit, le chien sous le lit mange quelque chose qui craque sous la dent...

Ce type en casquette et survêtement rouges, la visage grêlé, en gare de Roanne. Au téléphone. J'entends « c'est une image qui apporte la béatitude chaque fois que vous la voyez » et plus tard « les enfants doivent acquérir la discipline qui leur permettra de contrôler leurs désirs »...

La bouche tellement encombrée de mucosités qu'on eut dit une prolifération de chicots jaunes poussant dans tous les sens.

Le crâne trempé de sueur froide, qu'on ne peut essuyer.

Comme si la mort pouvait être contagieuse (et peut-être l'est-elle, en effet).

il y avait une carte à jouer sur le trottoir. Je n'ai pas osé la retourner.

Cette pétulante jeune femme à la poste, qui vient retirer un paquet que personne ne retrouve. Cela dure. Dédé ne trouve pas. Cherchant à montrer son mécontentement et indiquer aussi qu'il y a du monde qui attend derrière elle, elle lance « écoutez, vous avez une grosse queue... » — j'éclate de rire. Je suis le seul.

« Activer silence. »

Encore et encore dans le train, ou entre deux trains. Des aventures ! marcher la nuit dans la campagne — noire. S'en amuser (il y a pire — n'est-ce pas?). L'ennui d'un chien qui ne vous quitte plus et pour qui l'on redoute (passage des voitures) — ou pour soi (le bruit que ça ferait).

Que toute chose s'arrête, l'encre blanche sur la page, sang retiré des artères (carotide si lasse qu'elle reste collée, plate).

D'aucun, dans le train, doit faire face à une musique ridicule (cette sale musiquette de film, tellement « expressive », tellement pittoresque). Il prend un air de victime quand c'est lui qui a déclenché cette farce.

Des liens anciens qui se renouent, essaient, tâtonnent. Message sur le répondeur, courrier en souffrance. À quoi bon tout cela? N'est-ce pas suffisant?

Cette idée de la mort comme une bande magnétique — qu'on efface? Blank? Mais il reste le bruit de fond (un monde analogique).

Être malade tout le temps : intéressant. Le monde est plus dense. Dans cette mélasse le moindre geste est lourd de sens (de conséquences). Ripples.

Je voyais courir une ombre imperceptible dans le talus. La mort. Elle ne sait plus où donner de la tête.

«Death is overbooked».

La mort est fatiguée (mais elle court toujours, ajoute mon demi-frère).

Ils ont bien disposé les maisons dans le paysage, les arbustes. Je ne suis pas dupe.

Réaliser insidieusement un certain tassement de la concupiscence : d'autres chats à fouetter. Des chats morts (comique de répétition).

Peau de chat : grain.

J'ai trouvé une belle grosse seringue en verre au fond d'un tiroir. Bel objet, vraiment.

Y'a des fois, j'arrive pas à mourir.

c'est avec une grande satisfaction que je me suis branlé dans le lit de la jeune fille.

L'infirmière nymphomane dans la chambre du mort : elle voulait que je la suce alors qu'elle venait de se faire sauter. Je décline poliment mais lui rentre les doigts : effectivement. Je lui propose de l'enculer.
— Bonne idée, ça faisait longtemps...
Je n'en crois pas un mot (tout est tellement facile).
En fait : une aide-soignante blonde au sourire un peu triste qui m'a apporté un café. Je dormais sur le fauteuil près du lit. Je l'ai vue s'approcher en silence; quelque chose comme de l'amour. Oui, nous aurions pu, je pense (mais je n'avais pas l'temps)...

Ce matin dans le métro bondé : les fesses de cette jolie jeune fille qui se posent sur ma main — la vie, toujours là.

Envisager de porter plainte contre la mort, pour harcèlement. Ester.

Métro (bondé). Le corps de cette jeune anglaise qui me tourne le dos épouse parfaitement le mien. Je suis partagé entre « surtout ne pas bander » et « ce serait bien agréable » puis — dans le fantasme — la rame se vide au fil des stations mais elle reste là, tout contre moi.

Lorsque je suis parti, elle était vautrée dans son canapé vert. Ses gros seins étaient éclairés par le soleil. Elle fumait... J'ai descendu le sac-poubelle.

L'oiseau de mauvaise augure est un pigeon noir tout dépenaillé. Lorsqu'il se pose près de vous, qu'il vous regarde de son oeil vide et froid, c'est un avertissement, une menace. Mais quoi? on ne sait pas. Simplement, à partir de ce jour, une sorte d'insurmontable lassitude s'est emparée de vous.

Il se penche, comme pour poser son oreille sur le ventre de la jeune femme enceinte — et lui donne un violent coup de tête.

La vie est simple : chaque jour mettre son linge sale dans le sac prévu à cet effet et, de temps en temps, faire tourner une lessive...

Double tranchant : « Vous avez dû être très belle...»

La fille rousse vue d'en haut, avec sa robe orange qui lui colle à la peau.



BONUS : The 2005 Ig Nobel Prize Winners

The 2005 Ig Nobel Prizes were awarded on Thursday evening, October 6, at the 15th First Annual Ig Nobel Prize Ceremony, at Harvard's Sanders Theatre. You can watch archived video of the live webcast.

AGRICULTURAL HISTORY : James Watson of Massey University, New Zealand, for his scholarly study, "The Significance of Mr. Richard Buckley’s Exploding Trousers."
REFERENCE: "The Significance of Mr. Richard Buckley’s Exploding Trousers: Reflections on an Aspect of Technological Change in New Zealand Dairy-Farming between the World Wars," James Watson, Agricultural History, vol. 78, no. 3, Summer 2004, pp. 346-60.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : James Watson

PHYSICS : John Mainstone and the late Thomas Parnell of the University of Queensland, Australia, for patiently conducting an experiment that began in the year 1927 -- in which a glob of congealed black tar has been slowly, slowly dripping through a funnel, at a rate of approximately one drop every nine years.
REFERENCE : "The Pitch Drop Experiment," R. Edgeworth, B.J. Dalton and T. Parnell, European Journal of Physics, 1984, pp. 198-200.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : John Mainstone

MEDICINE : Gregg A. Miller of Oak Grove, Missouri, for inventing Neuticles -- artificial replacement testicles for dogs, which are available in three sizes, and three degrees of firmness.
REFERENCES : US Patent #5868140, and the book Going Going NUTS!, by Gregg A. Miller, PublishAmerica, 2004, ISBN 1413753167.
ACCEPTING : The winner was unable to travel, and delivered his acceptance speech via video.

LITERATURE : The Internet entrepreneurs of Nigeria, for creating and then using e-mail to distribute a bold series of short stories, thus introducing millions of readers to a cast of rich characters -- General Sani Abacha, Mrs. Mariam Sanni Abacha, Barrister Jon A Mbeki Esq., and others -- each of whom requires just a small amount of expense money so as to obtain access to the great wealth to which they are entitled and which they would like to share with the kind person who assists them.

PEACE : Claire Rind and Peter Simmons of Newcastle University, in the U.K., for electrically monitoring the activity of a brain cell in a locust while that locust was watching selected highlights from the movie "Star Wars."
REFERENCE : "Orthopteran DCMD Neuron: A Reevaluation of Responses to Moving Objects. I. Selective Responses to Approaching Objects," F.C. Rind and P.J. Simmons, Journal of Neurophysiology, vol. 68, no. 5, November 1992, pp. 1654-66.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : Claire Rind

ECONOMICS : Gauri Nanda of the Massachusetts Institute of Technology, for inventing an alarm clock that runs away and hides, repeatedly, thus ensuring that people DO get out of bed, and thus theoretically adding many productive hours to the workday.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : Gauri Nanda

CHEMISTRY : Edward Cussler of the University of Minnesota and Brian Gettelfinger of the University of Minnesota and the University of Wisconsin, for conducting a careful experiment to settle the longstanding scientific question: can people swim faster in syrup or in water?
REFERENCE : "Will Humans Swim Faster or Slower in Syrup?" American Institute of Chemical Engineers Journal, Brian Gettelfinger and E. L. Cussler, vol. 50, no. 11, October 2004, pp. 2646-7.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : Brian Gettelfinger and Edward Cussler

BIOLOGY : Benjamin Smith of the University of Adelaide, Australia and the University of Toronto, Canada and the Firmenich perfume company, Geneva, Switzerland, and ChemComm Enterprises, Archamps, France; Craig Williams of James Cook University and the University of South Australia; Michael Tyler of the University of Adelaide; Brian Williams of the University of Adelaide; and Yoji Hayasaka of the Australian Wine Research Institute; for painstakingly smelling and cataloging the peculiar odors produced by 131 different species of frogs when the frogs were feeling stressed.
REFERENCE : "A Survey of Frog Odorous Secretions, Their Possible Functions and Phylogenetic Significance," Benjamin P.C. Smith, Craig R. Williams, Michael J. Tyler, and Brian D. Williams, Applied Herpetology, vol. 2, no. 1-2, February 1, 2004, pp. 47-82.
REFERENCE : "Chemical and Olfactory Characterization of Odorous Compounds and Their Precursors in the Parotoid Gland Secretion of the Green Tree Frog, Litoria caerulea," Benjamin P.C. Smith, Michael J. Tyler, Brian D. Williams, and Yoji Hayasaka, Journal of Chemical Ecology, vol. 29, no. 9, September 2003.
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : Ben Smith and Craig Williams

NUTRITION : Dr. Yoshiro Nakamats of Tokyo, Japan, for photographing and retrospectively analyzing every meal he has consumed during a period of 34 years (and counting).
WHO ATTENDED THE IG NOBEL CEREMONY : Dr. Yoshiro Nakamats

FLUID DYNAMICS : Victor Benno Meyer-Rochow of International University Bremen, Germany and the University of Oulu , Finland; and Jozsef Gal of Loránd Eötvös University, Hungary, for using basic principles of physics to calculate the pressure that builds up inside a penguin, as detailed in their report "Pressures Produced When Penguins Pooh -- Calculations on Avian Defaecation."
PUBLISHED IN : Polar Biology, vol. 27, 2003, pp. 56-8.
ACCEPTING : The winners were unable to attend the ceremony because they could not obtain United States visas to visit the United States. Dr. Meyer-Rochow sent an acceptance speech via video.