Charles Bösersach

2006.02






Selles sèches et volumineuses.

Une autre publication sous peu. Indifférence.

Elle était assise face à moi, décolleté plongeant, soutien-gorge pigeonnant, courte jupe plissée, fauve, des collants et des bottes, les jambes écartées. Presque impudique, presque. Magnétique.

Un chien dans une vitrine. Il a chié.

Lorsque je lis au lit, elle me mordille, me caresse et me griffe, me branle. Je finis par poser mon livre, faussement mécontent.

Et c’est sous la contrainte que je l’emmène dans sa chambre, la fait déshabiller, l’oblige à adopter une position abracadabrante, les fesses en l’air. Je laisse couler ma salive sur son cul avant de l’enculer.

J. est partie avec l’autre (plus jeune, plus jolie) pour « régler des problèmes d’argent ».

Abattu, laminé. Ça passera.

Mes deux doigts dans son cul, que je regarde aller et venir avec attention. Aucune excitation, juste de la curiosité.

J’ai, dans les cabinets à la turque de la mission, près de Felicidad, expulsé des mètres de merde…

Girafe écorchée vive, son long cou rose, rouge, brun, suintant. Elle brame épouvantablement.

On se caresse, on s’embrasse. Elle me suce. Je la suce puis la doigte. J’ajoute un autre doigt, dans son cul. Plus tard je jouis en elle, délicieusement, alors qu’elle risque d’être enceinte — non : qu’elle désire être enceinte…

Un silence pesant. Nous étions tous là, sur la grand-place, en plein soleil, ne sachant plus comment se tenir. Et puis, après qu’Evaldo eut déclaré les hostilités, tout le monde se mit à péter.

Un chien avec — à la place de la tête — un petit carton carré légèrement cabossé.

N. est une vieille dame très comme il faut, discrète, modeste. Hier soir, au détour d’une banale conversation, elle m’a demandé de lui montrer des images pornographiques. J’élude, elle insiste. Pour fini je lui fais voir quelques photos de filles entre-elles. Elle est déçue, revient à la charge. Je lui propose des photos montant une jeune femme ligotée, couverte d’ecchymoses ; trois hommes lui pissent sur le visage.
— Tu vois, ça ne me choque pas, dit-elle.
Nous en resterons là.

Tu aides une jeune femme à monter l’escalier avec sa poussette — et tu rates ton bus.

Translations. Paysages ocre, usés : un vieux paillasson. J’ai lu hier soir le carnet d’un autre vieil homme, mort il y a quelques années. Je lui vouais un mélange d’admiration et de respect auquel se mêlaient également méfiance et crainte. Il était un peu infirme et il buvait beaucoup. Son accent espagnol était épouvantable et sa voix rocailleuse. Il (m’) a laissé un maigre carnet où d’une écriture appliquée, presque ennuyeuse, il a couché des citations (Stendhal, etc.). Ceci, et son couteau.

Seul dans le compartiment avec un quinquagénaire agité. Il marmonne, manipule son téléphone, lequel émet des sons très vite insupportables. Il vérifie quelque chose dans son sac, inscrit des listes dans un petit carnet. Il m’irrite. Tout en lui m’agace, m’insupporte. Enfin : il pue des pieds.

Il est dans une autre ville. Il a l’impression que les filles sont plus séduisantes.

Elle était très grande, très maigre, une jupe plissée brune et de grandes chaussettes en nylon (?) bleu marine. Perdue.

Le monde n’est constitué que de différences, d’écarts — de battements, comme on dit en musique. « Richesse », diraient certains ; fatigue, rétorquerais-je. Sans cela le monde serait un, indivisible, fini.

Que faire avec une fourchette (que faire d’autre ?), se dit-il désabusé, venant d’accomplir l’irréparable.

À celle-ci qui, pour de nombreuse mauvaises raisons, me séduit, dire simplement « écarte les jambes, je voudrais vérifier quelque chose ».

Je fréquente depuis quelques temps une jeune femme parfaite ; il a simplement fallu la découvrir — à elle-même se révéler : elle ne demande rien mais ne refuse rien. Parfaite.

Dans mon atelier (il pleut). Je fais mine de travailler quelques esquisses ; des études. Prétexte pour la laisser dans le froid, agenouillée sur le ciment. Puis je baise sa bouche. Ensuite, toujours nue, elle fait le ménage.

Petit restaurant miteux. Je prétend que nous n’avons pas d’argent. ravi, le patron l’enculera, à plat ventre sur la table, parmi les reliefs du repas. « C’est la première fois que j’encule une cliente » me dira-t-il ensuite (il m’a offert un digestif).

Elle est extrêmement belle. Elle est également extrêmement frigide.

C’est notre jeu, chacun d’un côté du bar, à siroter un alcool, chacun se faisant sucer par la femme de l’autre. Le premier qui jouit a perdu. Et paye.

Elle porte une très jolie robe à fleurs au décolleté affriolant. Ses cheveux sont défaits, sa culotte est plus loin, posée sur une chaise. Elle est morte depuis plusieurs semaines.

J’ai déjà évoqué ceci : pour chaque belle femme, cherche la faille, le défaut. J’ajoute : ceci trouvé ne fait qu’ajouter à son charme, voire — le constitue.

Passer son temps dans les bars. Perdre son temps. Attendre ? Pas même. Grand luxe. J’avais oublié ça. Papoter avec la patronne et accepter cette musique que d’ordinaire on n’aime pas. Encore un peu de temps ; « on y arrivera ».

À certains moments, la modique poésie des chansons de variété devient « terriblement vraie ».

Des plans. Vastes, vides. Se reposer. Attendre. Mentir. Ruser. « Se débrouiller ». On y va ?

J’ai installé mon atelier dans la vieille serre, au fond de la cour.

Faire quelque chose de ces notes ? Et le reste ? Tout ce qui n’est pas écrit ?

Depuis des mois je rumine la vraie fausse biographie de Charles Bösersach. Son lieu de naissance, son âge même sont sujet à caution. Il prétend avoir rencontré une fée, en descellant une pierre. Il ne plaisante pas mais refuse de préciser quels vœux il a exprimés. Il évoque un long séjour au Japon, « la belle vie ». Avec quatre filles. Chacune a ses spécialités. Il dit qu’il en reparlera. Fastidieuse mise en abysse. Y penser, y revenir, farcir le grand mensonge de demi-vérités, d’allusions, d’indices, de fausses pistes.

Quelques ennuis. Consulter une avocate, puis une autre. Chaque fois je me laisse distraire : elles sont fort séduisantes.

La vie, la mort, le saucisson à l’ail.

Une petite craquette, duveteuse, au fond d’une gentille culotte en coton. Puis dans ma main.

Une très jolie petite noire avec un petit short blanc (rien d’autre).

Cette phrase ambiguë sur un mur :
CAME
LA PUTE

Nous flirtions verbalement depuis un moment puis elle s’est agenouillée, a défait ma ceinture et a baissé ma braguette. Je ne bandais pas.

Je ne connais pas un problème qui ne soit soluble dans l’alcool.