Charles Bösersach

2006.10






De certaines femmes ont dit qu'elles ont une bouche à pipe ; celle-ci c'est une vulve moite dans laquelle on s'enfonce irrémédiablement.

Très obligeamment je vais lui chercher du sucre et une petite cuillère. Seul dans la cuisine, je frotte mon gland sur la cuillère. Comme je reviens avec un air :
 Qu'est-ce qu'il y a (encore) ?
 J'ai mis la cuillère dans ma culotte...
Haussement d'épaules : bien sûr, elle ne me croit pas.

Sexe et norme.

Selon une campagne d'affichage publicitaire, la culture c'est : se promener cul nu, un sac en plastique à la main.

Les hauts-parleurs qui hurlent et grésillent, nous souhaitant « une agréable journée ».

Celui-ci, qui se coupe les ongles sur le quai du métro.

Les grincements, les machines, et cette muzak, omniprésente.

Le pingre y est.

Les pieds sales des petites danseuses thaï.

Je n'ai pas du tout  aimé le film Crash (j'ai pourtant beaucoup apprécié le livre). Le pire ? Dialogue  : « tu pourrais mettre ton pénis dans son anus ? ».

La mort est une possibilité.

(Dans le métro) La jeune femme bien comme il faut se lève pour céder sa place à une vieille qui chancelle ; s’asseyant, la vieille manque tomber lourdement.

Cette jeune femme : je l’ai trouvée jolie trois fois de suite.

Elle se cache pour manger.

J'aimerais m'offrir l'intégrale du pétomane en DVD.

Elle déplore n'avoir rien qui lui permette d'épater son petit ami : il joue de la guitare « comme un Dieu » quand elle gratte laborieusement trois notes, il parle anglais couramment, etc. Sa copine lui dit « oui mais tu as la féminité, le charme », et la fille de conclure dépitée « oui mais ça toutes les filles en ont »...

(Vive le vent, chanson) : « et bonne à nègres en mer »... ♪♪ ♪

Quand on marche en canard, ça n'est peut-être pas une bonne idée de porter des baskets orange.

Elle, qui ne s'aime pas, je lui ai dit exactement ce que je pensais : « certaines filles sont jolies, pas vous ; vous, vous êtes belle, douloureusement belle ».

Elle est rousse, soûle et très narcissique. G. et moi la provoquons. D’abord à petites touches puis…
Elle se vante d’être cochonne, d’être très salope. Nous nous montrons sceptiques.
Très vite nous avons découvert l’insulte suprême : « pucelle ».
Elle nous raconte ses exploits, nous écoutons à peine (elle a baisé ici ou là, avec des inconnus, etc.). Elle est très séduisante.
Fin de soirée. Nous proposons de finir dans la camionnette.
 Je vous vois venir… ricane-t-elle.
Et alors ?
Alors on y va, bouteilles à la main.
Il fait chaud, la musique lui convient. On boit encore (elle, surtout).
Et l’on se regarde.
Elle rit. Elle ne sait pas pourquoi.
On se moque gentiment : peu d’initiative, finalement.
 Je vous fais une pipe ? Je suce bien vous savez…
Pas si vite. On n’est pas pressé. On n’est pas des goujats non plus. Quoique.
G. l’aide un peu.
 Branle-toi…
 Vicieux…
 Pucelle…
Elle rit.
Il arrête la musique, elle retrousse sa robe, fourre ses doigts dans sa culotte. Se touche. Nous écoutons.
Elle ferme les yeux.
 Attends, ne bouge plus… ouvre, écarte bien…
Je mets les doigts aussi. Elle est ouverte, trempée. J’apprécie.
(On s’ennuie déjà.)
 Continue…
G. est debout devant elle, débraillé, un peu fou. S’enfonce dans sa gorge. Il la tient par les cheveux et besogne, comme on dit. Écarlate, elle étouffe, tousse mais  intéressant  continue de se branler.
Et le temps passe. G. se retire. On lui demande de se mettre à quatre pattes. Et d’écarter ses fesses.
 J’aime pas trop ces trucs-là, marmonne-t-elle entre deux hoquets (nous rions). Elle s’exécute cependant.
Ces trucs-là ?
G. humecte son index de salive et le lui fiche dans le cul.
Elle se rebiffe.
 Pas ça j’ai dit, vicieux…
On rit beaucoup, c'est fatigant. Puis on lui dit de s’en aller. Pas de pucelle dans cette camionnette, c’est la règle…
 Quoi pucelle ? parce que je veux pas me faire enculer ? Obsédés, dégueulasses.
On rit encore.
G. très patient lui explique. Que de ce plaisir là, très subtil, lorsqu’on y a goûté, on ne s’en lasse pas…
 Tu veux que je te foute un doigt dans le cul, à toi ? réplique la rouquine…
 Volontiers, fait G. ; me faire sucer et doigter dans le même temps : plaisir suprême…
 Ils sont fous, marmonne la fille. Puis elle réclame à boire.
À la suite de quoi G. insiste pour se faire sucer et doigter, puis moi. Puis les deux en même temps. Puis l’on passe enfin aux choses sérieuses (elle est presque inconsciente).

Je suis allé pisser puis je suis resté là, enfermé, à ne rien faire. J'ai même éteint la lumière. Repos.

Au milieu des convives, je serrais P. tout contre moi, je lui caressais le dos. Son corps était souple et consentant. Puis elle se mit à me parler de choses fort contrariantes.

Inattentif, ces temps-ci, et fatigué ; très fatigué.

Elle a l'exquise grâce de se promener pieds nus par les bureaux. Pour le reste, j'hésite. En robe elle n'est pas si mal que ça (et chevilles et mollets fort jolis).