Charles Bösersach

2006.11






Petite joie : avec le froid revenu j’ai ressorti mon cuir — dans la poche intérieure duquel je range mon carnet, beaucoup plus accessible.

L'anus porte conseil.

Depuis qu’il y a ce grand type souriant qui vend des journaux au coin de la rue et dit bonjour à chacun, demandant systématiquement « ça va ? » — j’ai changé de trottoir.

Jeu (tank) :
Ulla fond.

Je me demandais quel oiseau pouvait avoir un ce chant inquiétant (c’était un engin de travaux publics qui reculait).

Rouler sur Laure.

Jeune aveugle en jupe courte ; elle se gratte la cuisse (se trousse).

La pluie dissout la merde.

La grande noire : elle a très bien perçu que je m’installais de manière à pouvoir la contempler tout à mon aise. Elle en semblait ravie. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu si courte jupe.

L'anus porte conseil.

Elle est à genoux sur le tatami. Très calme, les yeux bandés, les mains attachées dans le dos. Et moi debout, tenant la tête et remuant dans sa bouche, fouissant, comme pour l’étouffer. Quand j’ai fini, qu’elle a tout avalé, je recule d’un pas et le comparse, fort expérimenté, la décapite.

L'ange est las des vices.

Délation : Anne Husse deale à T.

Elle était extrêmement attirante, aussi lui demandai-je, tout en précisant que je souhaitais le contraire « ne faites rien pour me séduire : je serais incapable de résister ».

En anglais : sale hope.

Je lui dis que je dois passer au stand « ni putes, ni soumises ».
— Ni pute ni soumise ? reprend-elle en souriant, alors, je ne peux pas y aller…

Elle me dit : « J'ai oublié le goût de la queue ».

Tôt t'aimais ta boue.

Elle est blonde, un peu lasse, extrêmement séduisante. Inconvénient : elle sourit trop, tout le temps, et elle parle toute seule.

Toujours agacement à propos des gens qui parlent de leurs voyages — J’ai fait la Chine, j’ai fait le Caire…
Vulgaire et prétentieux (involontairement).

Entendu dans le métro : « il a gagné sa vie à la sueur de son fion ».

Infantilisante démagogie des diminutifs attribués par la presse aux « célébrités » : Ségo, Sarko, Zizou… on imagine un manuel d’histoire revisité : Napo, Parmen, Lafa, Vercin…

Quarante ans que je me masturbe, quelles que soient l’intensité, la fréquence et la complexité de ma vie sexuelle : cela a à voir avec l’écriture (semble-t-il).

G. et moi dormions ensemble (nus) ; elle ne savait où aller, je la dépannais. Bien sûr (etc.) sauf qu’au moment où je la suce, elle s’est transformée en une petite statuette africaine en métal martelé. Un peu décontenancé, je la suce quand même.

Petit matin.
Elle cherchait une laisse. Emergeant péniblement d’un sommeil lourd et moite, je finis par me souvenir qu’elle n’avait pas de chien.

Le thon du mépris.

Elle m’a br. avec tant d’ardeur et de ténacité que j’en ai eu la bite douloureuse pendant plusieurs jours.

De longtemps une femme ne m’avait regardé avec autant d’intensité, de désir. Presque gênant. Forcément, je la trouvais séduisante (elle l’était).

Ce qui devrait l’alerter : la façon dont je jette — sans état d’âme — les objets dès lors qu’ils sont un peu abîmés (fêlés, ébréchés…).

Il y avait, dit-elle, un cauchemar dans sa chambre.

Il y avait, dit-elle, un couteau dans son lit.

Ma paume sur sa crête iliaque, le bout de mes doits engagés sous l’élastique de sa culotte en coton ; je bande, ô comme je bande. Nous ne bougeons pas, nous ne respirons pas. Comme je lui dis mon émoi elle me répond quelque chose comme « moi j'ai la moule en rut ». Un peu décontenancé, je vérifie. C'est exact : béante, liquide, lumineuse.

God ass.

Presque rien noté, ce mois. Le temps, bien que statique, a passé très vite.