Charles Bösersach

2007.03






Vie : pets, rots, poings.

L'essaim du dernier jour.

Lorsque je suis entré dans la salle de bain, elle était accroupie, à chercher quelque chose au fond du panier à linge sale. Le creux de ses reins, son jean qui baille, sa fine culotte noire (évidemment). Je lui ai demandé de ne pas bouger, de seulement retirer son tee-shirt* et son soutien-gorge. Et je me suis branlé (sperme qui coule sur ses reins, dans le jean...). Puis nous avons entendu du bruit. Elle s'est rhabillée prestement et nous sommes allés rejoindre nos amis au salon.

La nuit, le froid dans cette espèce de dortoir sinistre... se dépêcher de « tirer sa crampe » avec la première venue et vite retourner se coucher.

De celle-ci j’admirai longuement le sternum, de telle autre le nez, joliment retroussé ; de la troisième ce très léger prognathisme, troublant.

Un bouquet de roses — comme un bouquet de chairs (de viande) éclatées, dilacérées.

Tradition : son gros pet lorsqu’elle pisse, le matin.

Dimanche : réveillé par le Boléro de Ravel qu’une voisine tenait à partager, très fort, fenêtres ouvertes.

J’étais sur la trace d’Alain M. Il (m’) avait laissé un manuscrit conséquent dont le paragraphe final était gravé sur la vitre arrière du dernier wagon d’un métro aérien. Après bien des avatars, je retrouve enfin le wagon (il est tard, tout est blême, désert) mais un employé termine juste de nettoyer la vitre : sous mes yeux, les dernières bribes du précieux paragraphe disparaissent.

Elles se caressent mutuellement, tendrement. Ça se finit avec du sang, des lambeaux, du cartilage.
Elles se caressent mutuellement, tendrement, délicatement (ça se finit dans la sang, avec des lambeaux, du cartilage).

Me représente mon cœur, dans la cage thoracique, isolé, dans une boîte vide. Mort imminente (éviter d’y penser).

Elle déambule dans un monde figé : tous les hommes sont nus, beaux, souriants ; prêts. Elle butine, se penche, suce un peu ici et là, s’empale (pour finir).

J’étouffe (bêtement) et ne parviens pas à articuler un son. Un simple petit cri me sauverait, un couinement — mais non.

Mademoiselle, j’aimerais beaucoup vous toucher les fesses. Ça n’est pas que vous ayez un cul exceptionnel mais — c’est bête — la couleur et la texture de votre pantalon font terriblement envie.

Je l’imagine, ce matin, seule dans son petit appartement misérable, seule, petite desséchée, n’ayant même plus rien à haïr.

La nuit, les organes s’en vont.

Mal vu : [pa] godes et dragons.

A. : sale petite salope.

LA = l’article de la mort.

La nouille-cafard.

J’ai adoré quand L. m’a pissé dans la main.

Perdu la moitié d’une dent.

Je sais que j’aurai à supporter cet amoncellement de cintres quelques années encore.

Verre, singe, étau, rixe.

Il baisse la lumière, il demande à la jeune fille de nous faire entendre le bruit que cela fait (jeune fille gracile, debout, la main entre les jambes).

Dans l’atelier. Nuit, froid, pluie. Que dis-je : orage, tonnerre et foudre, bourrasques, blizzard, tremblements de terre… Et l’on frappe. A., perdue de vue depuis des mois.
— Qu’est-ce que tu veux ?
Elle hausse les épaules.
Je lui demande de me montrer ses seins, son cul. Petits et fermes. Enfin, à genoux sur la pierre du perron, sous la pluie, elle me suce. Je recule d’un pas (« reste là »), je referme la porte et j’attends. Une demi-heure plus tard elle est toujours là, agenouillée, avec cet air.
— Tu peux avaler maintenant.
Nous reprenons les choses où nous les avions lissées (le cul, essentiellement).

Oui-Oui le roquiou.

Ça sent le chou.

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