Charles Bösersach

2007.05






Aujourd'hui, j'ai marché sur une chips...

Juste parce que je l'avais réconfortée, et serrée dans mes bras, elle m'a fait une pipe. Au moment de jouir je lui ai demandé de na pas avaler; ensuite je l'ai embrassée, longuement.

Pour justifier ses écarts, mon grand-père avait coutume de citer un soi-disant proverbe bosniaque : « c'est en parlant qu'on se comprend, c'est en pétant qu'on se détend ».

Elle m'a (bien) sucé mais je ne sentais plus ma queue.

J'adore enculer L. quand elle se brosse les dents (doux mouvements, roulis, tangage ; je ferme les yeux et je savoure).

J'avançais dans le couloir, impérial, la main posée sur le gland, comme sur le pommeau d'une canne. Grand seigneur. Arrivé sur le balcon, parmi les vivats, la liesse, je me suis branlé vigoureusement, aspergeant la foule (jeunes ou moins jeunes filles en dévotion) jet de sperme se transformant en longues traînées de confettis blancs, en petits papillons, en étincelles capricieuses.

Je m'étais levé tôt, voulant bien faire. En préparant un jus de fruit j'ai fait tomber le récipient en métal (tintamarre) puis le pamplemousse a éclaboussé partout. Las, j'ai tout laissé en plan, je suis parti. Définitivement.

Pour les grandes occasions, je me lave la queue avec du gel douche Jean-Paul Gaultier.

J'étais tellement fatigué que j'ai dit oui à tout (que je l'aimais, etc.).

Une des pires choses, pensè-je en ce moment, ce serait un cancer du nez.

Plaisir de laisser puis de retrouver des trucs dans les poches de mes vestes.
Plaisir pervers de ranger, nettoyer avant une visite « importante ».

Pour elle un français
doigt mou
(rires).

Elle aime se faire
pincer
mordre
griffer.
Ç'a quelque chose de puéril.

Il n'y a pas si longtemps, il jouait au sage avec une arrogance, une suffisance répugnantes. Là, il est bourré de médicaments, pitoyable répugnant.

Un long banc de bois muni de cônes luisants : on y assoit les filles, robe relevée, le cône profondément fiché dans le cul. Elles attendent sagement. Parfois même on papote. Elles sont vêtues de longues robes tout en dentelles, rubans, mousseline... Un homme passe, son chien en laisse. Elles doivent faire une petite révérence (se relever un peu, esquisse une courbette : elles grimacent). C'est le chien qui choisit. Il fourre son mufle entre les cuisses blanches, lape, grogne, fouit, bave et cependant l'homme empoigne la tignasse de l'élue, s'enfonce dans sa bouche implacable va-et-vient qui lui meurtrit les lèvres, l'étouffe et puis  ce goût. Une soubrette est derrière elle, lui dénude la poitrine, la caresse, la masse enfin la pince violemment. Nous sommes dans les tribunes, au doux soleil de juin. J'ai fait connaissance avec une ravissante jeune femme.

Elle aime dormir entravée  : les chevilles serrées, les poignets attachés dans le dos, un corset bien ajusté, qui la gêne pour respirer et un large collier en cuir... Le soir elle me suce, le matin je l'encule.

« Mon mari rêve d'enculer une naine déguisée en nazi. Dois-je l'aider à réaliser son phantasme ? »

Un cauchemar de journaux entassés, trempés, fripés. Rien d'autre, mais cette impression...

Elle n'a ni bras ni jambes; elle est née comme ça. Pour le reste, extrêmement séduisante. On la transporte dans une camionnette, dans une sorte de grand couffin sophistiqué. Comme chaque fois, les convoyeurs en profitent (elle adore ça).

Le chien attend au bord du gouffre; il ne comprend pas. De temps en temps un regard circulaire, relativement absent (il a faim).

Voilà : un îlot minuscule (on peut à peine y tenir debout). Mais au lieu de la mer, des vaguelettes, un abîme insondable. Combien de temps ?

Narration : supercherie.

Pour l'écriture de Dies Irae, la Fondation m'avait offert un an de résidence dans cette énorme bâtisse en bord de Saône. J'y avais une chambre, un bureau, une cuisine, une salle de bain. Et Sarah.