Charles Bösersach

2007.06






Pas niais, père sait.

Une « jolie » salle de bain, une fille vulgaire qui vérifie si elle est bien épilée.  Et ce rideau de douche avec de petits animaux rigolos multicolores… Ikéa, je crois.

Hank voulait savoir quelle heure il était. Il demanda, on le lui dit : Hank eut l’heure.

On naviguait par les buissons, les épineux, aveugles et lacérés de sang. On nous avait auparavant déguisés de fort plaisante manière : petits marins, explorateurs de comédie, plaisanciers, thermalistes. Une tape dans le dos, « bonne chance », et maintenant ça. En plus, j’ai perdu mon canotier.

Quatre photos, les yeux surtout (la main entre les jambes). Avec des bibelots posés là et derrière, l’écran géant, diffusant des images bien plus intéressantes…

Ligne de vêtements pour enfants (fillettes) : tee-shirts marqués « future salope », « je suce mon pouce », etc.

Edgar Pot.

L’épaule couverte de sperme, un peu sur le visage aussi, souriante, rêveuse.

Un chanteur pop hautain.

— Allez, viens, encule-moi, répétait-elle d'un ton las (nous étions jeunes et cérébraux).
— Allez, je connaîtrai (ironie) enfin le plaisir absolu et toi... tu auras la queue pleine de merde.
Ainsi fut fait.
Puis je la lui fourrai dans la bouche.
Elle avait eu raison, mille fois raison : elle ne pouvait plus s'en passer.

Ne dites pas nègre impie, dites mécréant de couleur.

Pony girl : sa physionomie déterminait le reste : on la déshabillait (on arrachait ses vêtements), on la tondait, on plaçait dans sa bouche un mors épais. Je ne veux même pas connaître le son de sa voix.

Un vigile avec un chien minuscule.

Seins lourds, chevelure savamment en désordre. Il ne fait pas très chaud (et : elle s’ennuie).

Nain : fête.

Du sang sur tout le corps, des traces de mains.

Une énorme grosse femme en robe de soirée, perdue dans la forêt amazonienne…

La mère est laide, l’enfant est laid ; il le sait, il sait pourquoi.

Le choix des couleurs (nuisettes : petites nuisibles) et des regards (acné, couperose, fatigue). S’il faut choisir, je prends la bleue.

Et pendant que sa « petite amie » se fait besogner par un athlète au crâne rasé, il mange ; il ne regarde même pas.

Il ne faut pas vendre la podologue avant de l’avoir tuée.

Attendant le bus, de part et d’autre de l’épaisse vitre nous étions, en vérité, tellement proches. Je ne me lassais pas d’admirer son visage — jusqu’au moment où je pris conscience de la forme étrange et déplaisante de ses narines.

Elle est née en 1986 et elle a de gros seins. Elle adore se déguiser en collégienne et cela lui va bien. Elle a une légère lordose qui ajoute à son charme.

Nues, elles travaillent aux abattoirs.

Il est mort, ou c’est rudement bien imité : tout plat, sérieux comme un pape, allongé sur ce lit immense aux draps parfaitement tirés. Son visage exprime une fine ironie, un léger soulagement : un notable qui peut enfin baisser le masque.

La voix si particulière de Randy Newman.

Maigre, exsangue. Elle peut à peine respirer. Elle sait que c’est ainsi qu’elle nous plait. Alors elle est heureuse.

Je sais pourquoi je suis fatigué le matin : les cheveux, la barbe et les ongles ont poussé. Les cadavres sont fatigués.

Cover girl, lèvres entr’ouvertes, la petite robe bleu pâle, légère, transparente, regard et sillon mammaire profonds, cette profondeur vertigineuse du regard qui ne peut être que du vide… et surtout : cette mèche folâtre prise dans la bride du soutien-gorge.

(Métro) Elle tourna la tête et sa longue queue-de-cheval caressa mon visage.

Ils attendent leur tour (depuis longtemps) : la femme à la tête verte et aux petits seins durs comme du bois, le gros homme sans mains vêtu d’une toge immaculée, le tueur flou dont on ne peut distinguer les traits, affublé d’un large chapeau ridicule, et le canari géant qui prend un air décontracté. En retrait, l’infirmière en blouse rose transparente (très transparente) les observe avec un air moqueur.

Il était uniquement constitué de minuscules araignées. On se demandait comment cela tenait…

Gémissements dans la nuit : femme qui miaule ou chat qui jouit ?

Elles sont jumelles, fadasses, sucent de biais. Elles aiment les plantes vertes et les garçons sans tête. Ça peut durer longtemps si personne ne bouge…

Histoire écossaise : « il est cucul, ce clan ». On sait comment ça se termine…

(TRAN)SPORTS FUNÉRAIRES

Habiter une impasse.

Petit hamster électrocuté agrippé au grillage. Il est tellement chou…

Une épave de voiture, rouillée, rongée par les intempéries. Sur le pare-brise, frais, arrogant, printanier, un PV pour stationnement interdit.

Elle affirme qu’il fait toujours beau (le ciel est d’un gris lamentable) ; elle est très fière de son épilation et de ses chaussures dorées (oui : dorées). Personne ne la regarde, personne ne s’intéresse à elle. Les toits sont couverts de grosses plaques de zinc.

Le chien claudique.

Elle aime bien fouiner dans les sex-shops, et ostensiblement se renseigner sur les godemichets les plus incroyables (taille, forme, options)…

C’est la pute de Legoland®, elle vit dans une petite maison rouge. Elle a une grosse tête, les lèvres brunes, qui brillent, elle reste debout, contre le mur, attendant la visite des petits ouvriers, des cosmonautes, des employés de bureau géométriques. On dirait qu’il y a du vent.

J’ai rencontré des gens, ils étaient tous affables et semblaient me connaître depuis toujours. On s’est serré la main, on s’est congratulés puis ils se sont éparpillés comme une volée de moineaux. J’étais seul, pensif, je me grattais le nez.

Victime des pires sévices (enfin : il a un minuscule pansement à l’épaule).

Un bonheur : savonner ses énormes seins.

Pénombre et bougies, corps enlacés, odeur de transpiration, de sperme. On se demande qui fait le ménage, après.

Elle est ivre et prétend apprendre à jouer aux échecs. Elle ne porte qu’une minuscule nuisette noire. Clavicule, grains de beauté, tout est soigné, tout sera bien abîmé.

Mon urine sent la merde.