Charles Bösersach

2008.06






Lorsqu'il éjaculait j'étais heureuse  ça voulait dire que c'était fini...

Je me branlais doucement. Une mouche est venue se poser sur mon gland.

Elle me parle, je regarde la jupette écossais qui vole de l’autre côté de la rue. La jeune femme est très embêtée, c’était déjà si court, et si le vent s’en mêle... et il insiste, le vent...

La petite fille a pris feu. Elle crie et gesticule de façon grotesque. Tout le monde s’y met.

Mal dormi (mangé, finalement, hier soir, mais je sais plus quoi, une tartelette au Boursin je crois ; je découvre des légumes pourris, des fromages effrayants ; il y a beaucoup trop de choses dans ce frigo).

Elle tient ses seins comme si c’étaient des objets (et ce petit sourire niais qui découvre les dents).

Vraiment très bizarre de « vivre en célibataire » chez toi.

J'ai ramassé une petite pelote de fil par terre, c'était une araignée  vivante.

Fascinante Debbie Diamond.

Journée très lourde, très pénible.

Maison toute petite toute grise entre deux immeubles, jardin à l’abandon, bureau saturé d’objets d’un mauvais goût remarquable. On boit.

J’ai eu très envie de téléphoner à B. ce matin, ce qui est pire que si je l’avais fait.

Elle perd ses clefs, etc. S’énerve.

Ma mère, à dix ans, s’est réveillée un matin à côté de sa grand-mère morte.

Quand on sera mort on sentira même pas qu'on sentira pas bon (Émilie).

Ma dent (molaire en bas à gauche) qui s’effrite...

Tout me coûte.

Beaucoup de voitures qui montent et descendent à toute allure, et aussi deux types en vélo qui foncent en hurlant.

Pâté, vin, fromages...

La chèvre est bookée.

Elles étaient toutes pas très jolies avec, cependant, toutes, un petit quelque chose, de sorte qu’il était fastidieux d’avoir à choisir…

G. est de nouveau hospitalisé.

Longtemps j’ai été intelligent, très ; puis ça a cessé de m’intéresser…

Le bruit inouï de la machine à café dans le caveau.

Non, elle, ce sont les objets. Tous les objets. Ça m'a laissé rêveur, le regard parcourant la pièce, s'arrêtant sur CHAQUE objet, afin de le considérer sous un angle nouveau.

Ces trucs dans une maison vaste, luxueuse, et en désordre, où j’étais seul avec une tête de poupée gonflable ou de mannequin...

J'ai marché le long d'un fleuve. Ça sentait la pierre mouillée.

Et ce petit regard coquin, provocateur  et lointain à la fois. Et le tee-shirt trop grand qui naturellement dénude une épaule, et plus.

Donc sortant je fais tinter quelque euros dans ma main et demande à D. s’il veut aller aux filles, et à son avis qu’est-ce qu’on peut avoir pour cette somme ? Toucher un sein ? Je dis ça juste au moment où une jeunette en polo bordeaux fort seyant nous croise.

Les petites, les tendres et fraîches deviennent vite de vilains petits cadavres pleins de bleus, c’est triste ; il y en avait une vers le CNP, elle s’asseyait sur le capot des voitures en stationnement ; vêtue comme une petite fille pauvre.

On se rencontre cependant.

Le frère de C. va mourir : cancer des bronches, inopérable. Déjà les chiens sont morts.

L’image est sombre mais je sais comment faire. Quelques clics et je vois enfin tes seins  et ce joli petit ruban (velours ?).

Chacune d’entre-elles a un pied dans l’autre.

Je fréquente une jeune femme à gros seins qui par ailleurs est très (mais involontairement) drôle ; perles récentes : « il ne faut pas être plus royaliste que le pape » ; « la banane d’eau douce »…

Les petites voitures (une bleue, une rouge, une verte, une jaune) fonçaient vers le carrefour. Je reconnus une Panhard et une DS. Aimable cauchemar (ensuite, bien sûr, les cadavres en morceaux jetés dans le fossé, et cette musique…).

Une jeune femme pleine de vits.

Ils portent des lunettes de soleil. Ils sont très contents. Les ombres sur la pelouse : Phénoménologie…

Le vin était bouchonné.