Charles Bösersach

2008.09






Lascive : seins marquent.

Mon grand-père ramassait les châtaignes avec une pince à cornichons pour ne pas se piquer.

Suis allé stupidement  attendre É.. On m’a emmené dans une baraque en planches en haut d'un monticule, on m’a demandé mes « billets », j'en sortais des tas de mes poches, mais ça ne convenait jamais. 
 Vous risquez une amende de 6000 francs, répétait un contrôleur.

Elle dit : « Je ne suis pas un objet sexuel  et je le déplore ».

Bouche difforme et seins très mous : elle se nourrit. Ses yeux sont pourriture, mouches mortes collées aux orifices, le reste à l’avenant. On pousse dans sa bouche de longs trucs un peu mous. Ça fige sur son sternum.

Elle est morte d’inanition, après des semaines au cachot. « Elle est pas bien grosse » dit F. en regardant ailleurs. On ne l’enculait plus depuis longtemps : trop constipée.

Rangement des couleurs  rouge : les ongles, la culotte distendue, et l’ombre, l’ombre des tendons, le sang fourbe qui rampe sous la peau, prêt à. Quant aux bas, on dirait de la gaufrette.

On peut fabriquer des monstres mous avec de la pâte à monstres. On peut ensuite les disséquer.

Belle femme. Elle me branle en souriant. Et m’abandonne au moment crucial.

Elle a mal dormi (bruit, froid). Elle est tellement fatiguée qu’elle a renoncé à le rejoindre dans le canapé au salon. Après le déjeuner ils sont allés à la bibliothèque mais c’était fermé.

L’odeur douceâtre du pain de mie.

Li Po, poète chinois (701-762) aurait écrit un ouvrage portant le titre de « Succions ».

Il est inquiet, il tire la ficelle. Il est enté dans la chair qui se pâme. Poète ! Sur l’étagère : un réveil, des presse-livres  mais pas de livres. La-chair-qui-se-pâme a relevé son polo couleur sang, de sorte qu’on puisse voir sa poitrine (étonnamment abstraite).

Elle a les commissures des lèvres fendillées.

J'ai la bouche pleine de fibres jaunes, sèches, que je n'arrive pas à cracher, je dois l'ôter avec mes doigts. Je me rince la bouche avec l'eau du lac, espérant que les pin-up qui se font bronzer non loin ne m'ont pas vu. Ensuite, c'est un monde constitué uniquement de grands entrepôts et hangars désaffectés, et de chemins de pierre. Je suis une entité un peu perdue qui s'est acoquinée avec une autre entité (que je perçois un peu sous la forme d'un bonhomme en coton gris) plutôt psychopathe. Il franchit le mur d'une propriété pour voir s'il n'y a rien à voler. Mais quelqu'un arrive, l'accule dans un coin  je l'aide, du haut du mur, à grimper pour se sauver. Nous marchons côte à côte ; il me fait comprendre que c'est moi qui devrait commettre le prochain délit. Nous avons chacun une arme ; lui une espèce de lame de scie à métaux bleue ; il m'explique que quand on l'utilise (mouvements amples et rapides) elle est chauffée au rouge. J'ai un couteau très court, à lame large et arrondie au bout ; un peu dérisoire. Nous marchons. Il fait, sur mon ombre, avec sa lame, le geste de me tuer, plusieurs fois. Je ne suis pas très à l'aise. Plus tard nous sommes dans une vaste pièce vide (à part quelques gravats). Il y a un combat contre un crocodile en glace. Mon camarade est touché et meurt. J'arrive à bout du crocodile avec mon couteau ridicule. Mon camarade est réduit à deux ou trois os très plats, jaunis. Arrive une sorte de ridicule éléphant en peluche, qui se meut gauchement. Il a des dons magiques et me doit quelque chose. Je lui demande de ressusciter mon coéquipier. Il manque se tromper et ressusciter le crocodile!

On réunit les gens dans une pièce nue. On leur parle sèchement. Sans bien savoir pourquoi on pense  à Léonard de Vinci.  Elle a cette moue dégoutée, un justaucorps en latex noir. Nous  on se tient droit.

Les indiens du Mexique se bourrent de fèves pour organiser, dans le plus grand sérieux, des concours de pets.

Jeune femme blonde, maigre, environ 35 ans, dans une chambre d'hôtel minable. (Devant l'armoire à glace.)

Dans le bus : un vieil homme à casquette crasseuse, un vieux foutriquet qui n’avait pas de menton, seulement une petite proéminence molle.

Animaux diaphanes dans la lumière salée. Petites crevettes progressant sur le fin sable fin en une parodie de cérémonie (elles rigolent). Un enterrement, par exemple.

On sortit se promener assez tôt. On alla rue G. dans un dépot-vente. Triste.

Pas de chauffage, troisième panne en quatre semaines, chaque fois le week-end. Un con s’amuse à piquer les fusibles : ça coupe la ventilation, le système de sécurité se met en marche, le gaz est coupé, le chauffage s’arrête.

Cours de mathématique. La jeune femme nous montre une carte de la Méditerranée. Elle désigne un point et dit « quand vous êtes là et que vous regardez en direction du détroit de Gibraltar (sur la carte il est en bas, au Nord), et bien là vous comprenez vraiment ce qu’est Brigitte Bardot ».

Elle avait collé des post-it au mur : « je ne dois pas me plaindre », « je ne suis pas toute seule ».

Beauté des arbres d’automne, derrière les murs des domaines, au sortir de la clinique, vendredi soir.

Sinon il y a des histoires amusantes mais je ne m’en souviens plus.