Charles Bösersach

2008.12








Délicate et saine.

Il rentre bien son ventre quand il se fait sucer.

Le jardin des tueurs.

Et tandis qu’il devisait gentiment avec sa femme malade, il contemplait avec intérêt le cul de l’infirmière.

Des chiens qui volent.

Une bande dessinée de Crumb dans un vieux numéro de Lui m'avait bien plu : un vilain petit macho entouré de filles canoniques, et obéissantes. Il disait mets-toi à genoux et ouvre la bouche, j'ai un cadeau pour toi. Et la fille s'exécute (bonne fille). Mais là le bonhomme s'aperçoit qu'il y a des lecteurs. Voyons, se dit-il, je vais pas sortir mon truc comme ça devant tout le monde. Ah, tu vois bien, conclut la demoiselle en se relevant. Fin. Aussi, vers 13 ans, une bande dessinée pour adultes tout en alexandrins, genre psychédélique :
Et allons de ce pas enculer Mylady      
Elle a un cul comme ça, c'est moi qui vous le dit...

Inoubliable...  
Au même âge, avec B., nous avions récrit tout le Cid : Oh sinistre bandeur d'une triste quenelle...     
J'ai oublié le reste. Les deux cancres avaient beaucoup travaillé pour s’amuser. Les deux cancres déclenchaient des alertes à la bombe au collège quand il y avait contrôle de mathématiques. Les deux cancres possédaient une clef limée pour les antivols et s'amusaient à intervertir tous les antivols de la même couleur. Les deux cancres lisaient les livres de la mère B., une belle salope (divorcée) qui avait Emmanuelle, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir..., etc. Les deux cancres aimaient bien raconter des cochonneries à la petite soeur de B. Mais c'est tout.

Excès : raie alitée.

Galant, je la suçais longuement bien que ce fut assez fort en goût (j’ai même cru vomir).

C’était dans une librairie. J’avais acheté un cornichon, un seul.

Un oiseau–vache.

6 heures 45 le matin ; réveillé par le bruit du balai contre la porte (ça faisait longtemps que le ménage avait pas été fait : on ne comptait plus les petits papiers de bonbons jonchant, encombrant l'escalier).

J’achète assez souvent du parmesan. Il finit invariablement à la poubelle, moisi.

J’ai lu quelque part que pour enlever la bougie de la moquette il faut passer le fer à repasser dessus avec un chiffon pour absorber la cire. À vérifier.

Attrape-moi, jette-moi contre le mur qu’on en finisse…

La mécanique des yeux.

La petit aiguille (rose) de ton réveil égrène les secondes. Encore cinq jours sans se voir. Maison quiète, silencieuse. C’est délicieux d’être chez toi, environné de ta présence, tes affaires, tes vêtements, ta maison.

Juste envie de vin et de cigarettes et d’arrêter de me pisser dessus…

La tortue mentale.

Dans une grande voiture conduite par B. On circulait dans une immense gendarmerie. À un moment, et sans qu'on sache bien pourquoi, B. loupe un virage : nous dévalons abruptement 4 ou 5 mètres et la voiture est toute esquintée. Nous en sortons indemnes sauf M., qui reste inerte. Il simule, me dis-je, pour ne pas aller à la guerre, et toucher une pension. Nous ne nous occupons pas de lui. Je pars avec L. rejoindre notre régiment. Au début les sentinelles se méfient, nous tiennent en joue, vérifient notre identité. On est finalement reconnus ; on nous admet. Il s'agit de se mettre en uniforme. Hélas, il n'y a plus de chaussures en 42. Il me va donc falloir rejoindre un autre régiment. Un gradé veut arranger les choses, échanger sa veste (de costume, chinée) contre mes chaussures, mais ça n'arrangerait rien ; je lui fais remarquer que son costume serait dépareillé, et surtout je sais que lui a envie de changer de régiment et je ne veux pas lui faciliter la tâche. Je pars. Je serais bien resté avec L. pourtant. Plus tard, dans une grande plaine, on charge des autocars, il y a de l'orage, des éclairs, de la boue partout. La nuit tombe. Nous sommes en 1939 et je dis au chauffeur du car : « ne me demandez pas comment je le sais mais nous allons perdre cette guerre ».

C’est par paresse que je ne mens plus.

Rêvé du pape.

Le téléphone sonna à 18 heures. C’était P. (en avance : rare). Je descendis lui ouvrir. Ils avaient apporté gâteaux et coupes de crème chantilly en plastique.

Chatouilleux : gratte pas pieds.

Mon sexe, énorme, était comme celui d’un chien, luisant, rouge sang, strié de veines sombres. La fille sans charme le prit dans sa bouche. J’éjaculais lentement, continûment.

La belle que voilà ira les rats masser.

Des gens déménagent ; il s’en vont. Des voisins qu’on ne connaissait pas. On est, pourtant, inexplicablement triste.

Je suis allé chez T. et chez W. J’allai à pied chez T., qui ne me paya pas (on me remit un autre papier en échange du papier bleu). « Normalement », je serai payé avant la fin de la semaine prochaine.

L’étroit petit cochon.

Ce soir : « un vrai repas » : escalopes de veau, mousseline de cèpes. Puis : vautré dans le canapé avec des livres.

À un moment donné, le jeu commence : 
la première que je croise me suce, la seconde je la baise, et j'encule la troisième. Il y a des règles strictes qui veulent que, si j'ai le choix de commencer le jeu quand il me convient, je dois ensuite en assumer les suites : que la seconde soit laide, vieille, repoussante, je la baise, et idem pour la troisième, que j'encule. C'est un sale jeu. Si elles sont en groupe, la lecture se fait de gauche à droite. S'il y a ambiguïté de sexe, cela arrive, il ou elle est cependant valable pour les options suce et encule. S'il/elle tombe sur « baise », il/elle passe son tour. Cela ne prend effet que pour les femmes (ou jeunes filles, voire fillettes) que je croise. Celles que je suis, que je vois de loin, ou que je croise à angle droit ne comptent pas. La question de l'âge reste ouverte ; je me réserve en tout cas le droit d'éluder telle enfant, le critère étant, mais pas toujours, le caractère poupin de la gamine. Aussi l'option sur laquelle elle tombe : je me vois assez mal enculant une fillette de 4 ans ; mais la convaincre de sucer devrait être possible.

Ce livre étonnant, « L’étron pète », de Jerry Cow.

Accorte, très enjouée. Elle tourne la tête et son sourire s’efface aussitôt.

Au moins que l’on respecte ma fatigue…